La grammaire espagnole · A2 à B2 · Mis à jour le

Le discours rapporté en espagnol

Quand tu rapportes ce que quelqu un a dit, le temps recule d’un cran : le présent devient imparfait, le prétérit devient plus-que-parfait, le futur devient conditionnel. Les ordres passent au subjonctif. Les pronoms et les mots de temps bougent aussi, et c’est en général là que la phrase casse.

La réponse courte

Que est obligatoire : dijo que venía. Ton « que » l’est aussi, donc sur ce point tu pars gagnant. Si le verbe introducteur est au passé, les temps reculent d’un cran : présent vers imparfait, passé vers plus-que-parfait, futur vers conditionnel. C’est ta concordance des temps, case pour case. Et un ordre devient que plus le subjonctif, ce que toi tu rends par un infinitif.

Comment le retenir

Que toujours, et chaque temps recule d’un cran

Queobligatoire, jamais suppriméDijo que venía
Le présent devientimparfaitvengo donne venía
Le passé simple devientplus-que-parfaitvine donne había venido
Le futur devientconditionnelvendré donne vendría
Un ordre devientque plus le subjonctif imparfaitven donne que viniera

Les formes

Comment chaque temps recule

directreportedtense
vengodijo que veníapresent to imperfect
vinedijo que había venidopreterite to pluperfect
veníadijo que veníaimperfect does not move
vendrédijo que vendríafuture to conditional
venme dijo que vinieraorder to subjunctive
¿vienes?me preguntó si veníaquestion with si

20 phrases qui montrent la différence

De l’espagnol d’aujourd’hui, celui qu’on dirait vraiment. L’étiquette sous chaque phrase dit quelle partie de la règle elle montre.

Là où le français gêne

Le moteur est commun, et il faut le dire tout de suite pour que tu ne l’apprennes pas deux fois : le recul des temps espagnol est ta concordance des temps, sans écart. Présent vers imparfait, passé vers plus-que-parfait, futur vers conditionnel, imparfait immobile parce qu’il est déjà au fond. Tu peux donc rapporter une phrase espagnole en te fiant à ton oreille, ce qui est rare dans ce cours. Trois différences seulement, mais toutes les trois quotidiennes. La première est le que. Tu en poses un au début et tu laisses filer la suite, « il écrivit qu’il était honnête et ne la tromperait jamais » ; l’espagnol le répète devant chaque proposition, que era hombre de palabra y que no la engañaría, et l’omettre ne fait pas familier, cela fait bancal. La deuxième est la demande rapportée, et c’est celle qui te coûtera le plus. Ta langue passe à l’infinitif, « elle lui demanda de l’emmener » ; l’espagnol ne le peut pas et construit pidió que la llevara, avec que et un subjonctif imparfait. Cette forme-là, tu la connais et tu ne l’emploies plus : chez toi « qu’il l’emmenât » sent le pastiche, chez lui que la llevara est ce qu’on dit à table. C’est le même décalage que pour le passé simple, et il vaut mieux s’y faire une fois pour toutes. La troisième est la question rapportée. Le si te suit sans problème, mais tu introduis les autres avec « ce que » et « ce qui », là où l’espagnol se contente de reprendre le mot interrogatif, accent compris : preguntó qué quería, et non ✗ preguntó lo que quería. Ajoute que les points d’interrogation, ouvrant et fermant, disparaissent entièrement de la phrase rapportée, alors que l’accent, lui, reste. Le lecteur anglais, de son côté, se bat ici contre une quatrième chose, la disparition pure et simple du that ; toi, tu n’as jamais eu le droit de supprimer ton que, et ce réflexe-là te protège.

La faute à éviter

Quatre fautes, et trois d’entre elles viennent en droite ligne du français. Une, l’infinitif pour rapporter une demande.Le pidió llevarla a España, et surtout ✗ Le pidió de llevarla a España, calqués sur ton « elle lui demanda de l’emmener » → ✓ Le pidió que la llevara a España. Après pedir, decir au sens d’ordonner, rogar, l’espagnol veut une proposition complète, jamais un infinitif introduit par une préposition. Deux, le subjonctif présent au lieu de l’imparfait.Le pidió que la lleve consigo → ✓ Le pidió que la llevara consigo. Comme le verbe qui rapporte est au passé, le subjonctif recule lui aussi ; c’est la même mécanique que pour l’indicatif, et ta réticence vient de ce que ton propre subjonctif imparfait est mort. Le sien ne l’est pas. Trois, le que qu’on ne répète pas.Decía que era una mujer y se llamaba Zoraida, sur ton « elle disait qu’elle était une femme et s’appelait Zoraida » → ✓ Decía que era una mujer y que se llamaba Zoraida. Chaque proposition rapportée porte le sien, sans exception. Quatre, la question indirecte introduite comme en français.Preguntó lo que quería, ✗ Preguntó ce que… en pensée si ce n’est en écriture → ✓ Preguntó qué quería. Et pense à retirer les signes : ✗ Preguntó si ¿era hombre de bien? → ✓ Preguntó si era hombre de bien. L’accent de dónde ou de quién reste, les signes s’en vont. Quant à la faute qui consiste à supprimer complètement le que, ✗ Dijo era hombre de bien, c’est la faute du lecteur anglais, pas la tienne : sa langue efface volontiers le that, et il traîne cette habitude en espagnol. Toi, tu ne l’as jamais eue.

Les cas qui cassent la règle

Dijo que venía

Que ne se supprime jamais, et ton français ne le supprime pas non plus. C’est l’anglophone qui trébuche ici, pas toi.

Dijo que estaba cansado

L’imparfait ne recule pas, parce qu’il n’y a plus rien derrière. Même chose pour le plus-que-parfait et le conditionnel : une fois au fond, on y reste. Ta concordance des temps fait exactement ça.

Me dijo que viniera

Decir a deux métiers. Rapporter une information prend l’indicatif : dijo que venía. Rapporter un ordre prend le subjonctif : me dijo que viniera. Toi tu passes à l’infinitif (« il m’a dit d’attendre »), et c’est là ta faute : ✗ me dijo esperar.

Me preguntó si venía

Une question par oui ou non se rapporte avec si et pas avec que. Et ce si veut dire « si oui ou non », pas le si d’une condition, donc il prend un temps ordinaire. Ton français fait pareil.

Me preguntó dónde vivía

Le mot interrogatif garde son accent écrit dans une question rapportée, même sans le moindre point d’interrogation.

Aquí, hoy, mañana

Les mots de lieu et de temps se décalent aussi : aquí devient allí, hoy devient aquel día, mañana devient al día siguiente, este devient aquel. Ton français fait exactement le même décalage.

Exercices sur le discours rapporté

8 phrases à compléter. Écris ta réponse et vérifie-la, ou lis-les d’affilée avec les solutions affichées. Les accents comptent ici, comme ils comptent dans la langue.

  1. Dijo que (venir, él) ___ a las ocho.

    Il a dit qu’il venait à huit heures.

    venía · Verbe introducteur au passé, donc le présent viene recule à l’imparfait.

  2. Me dijo que (esperar, yo) ___ en la puerta.

    Il m’a dit d’attendre à la porte.

    esperara · Un ordre devient que plus le subjonctif imparfait. Ton infinitif ne se calque pas : ✗ me dijo esperar.

  3. Prometió que me (llamar) ___ al día siguiente.

    Il a promis qu’il m’appellerait le lendemain.

    llamaría · Un futur rapporté depuis le passé devient un conditionnel. Et mañana est devenu al día siguiente.

  4. Me preguntó ___ tenía tiempo.

    Il m’a demandé si j’avais le temps.

    si · Une question par oui ou non se rapporte avec si et pas avec que.

  5. Dijo que ya (comer, él) ___.

    Il a dit qu’il avait déjà mangé.

    había comido · Le passé simple comí recule au plus-que-parfait.

  6. Me preguntó ___ vivía yo.

    Il m’a demandé où j’habitais.

    dónde · Le mot interrogatif garde son accent même sans point d’interrogation.

  7. Dijo ___ estaba muy cansado.

    Il a dit qu’il était très fatigué.

    que · Que est obligatoire, et ton français l’exige aussi.

  8. Insistió en que (ir, nosotros) ___ con él.

    Il a insisté pour que nous y allions avec lui.

    fuéramos · Insistir en que prend le subjonctif, et le passé le tire vers l’imparfait.

D’autres exercices, tirés de Don Quichotte

8 de plus, celles-ci sorties du cours : l’auberge, les moulins, Rocinante et la route. Même règle, espagnol plus ancien.

  1. Dijo: «tengo hambre». Dijo que (tener) ___ hambre.

    Il dit : « j’ai faim ». Il dit qu’il avait faim.

    tenía · Le présent recule à l’imparfait. Chaque temps recule d’un cran dès que dijo est devant.

  2. Dijo: «saldré mañana». Dijo que (salir) ___ al día siguiente.

    Il dit : « je partirai demain ». Il dit qu’il partirait le lendemain.

    saldría · Le futur devient conditionnel. Et mañana devient al día siguiente, parce que demain a bougé.

  3. Dijo: «he visto gigantes». Dijo que (ver) ___ gigantes.

    Il dit : « j’ai vu des géants ». Il dit qu’il avait vu des géants.

    había visto · Le passé composé devient plus-que-parfait. Tout glisse d’un cran de plus dans le passé.

  4. Preguntó: «¿dónde estás?». Preguntó dónde (estar, yo) ___.

    Il demanda : « où es-tu ? ». Il demanda où j’étais.

    estaba · Une question avec un mot interrogatif garde le mot et perd les points d’interrogation. L’accent sur dónde reste.

  5. Preguntó: «¿tienes hambre?». Preguntó si (tener, yo) ___ hambre.

    Il demanda : « as-tu faim ? ». Il demanda si j’avais faim.

    tenía · Une question par oui ou par non a besoin de si pour tenir debout. Sans si, la phrase s’effondre.

  6. Me pidió: «ven aquí». Me pidió que (venir) ___.

    Il me demanda : « viens ici ». Il me demanda de venir.

    viniera ou viniese · Un ordre devient un subjonctif imparfait, parce que pedir que ouvre toujours le subjonctif.

  7. Dijo: «soy caballero». Dijo que (ser) ___ caballero.

    Il dit : « je suis chevalier ». Il dit qu’il était chevalier.

    era · Ser suit la même règle que tout le reste : présent vers imparfait.

  8. Dijo: «no lo hagas». Dijo que no lo (hacer) ___.

    Il dit : « ne le fais pas ». Il dit de ne pas le faire.

    hiciera ou hiciese · Un ordre négatif rapporté reste au subjonctif imparfait. Les deux terminaisons sont correctes.

Questions fréquentes

Comment les temps reculent-ils au discours rapporté ?

Le présent devient imparfait, le prétérit et le passé composé deviennent plus-que-parfait, le futur devient conditionnel, et le présent du subjonctif devient subjonctif imparfait. L’imparfait et le plus-que-parfait sont déjà au fond et ne bougent pas.

Qu’arrive-t-il à un ordre ?

Il passe au subjonctif après decir que : ven devient me dijo que viniera. Remarque que decir prend l’indicatif quand il rapporte un fait et le subjonctif quand il transmet un ordre.

Qu’est-ce qui doit bouger en plus ?

Les pronoms, et les mots de temps et de lieu. Hoy devient aquel día, mañana devient al día siguiente, aquí devient allí, este devient aquel. Les oublier, c’est ce qui fait sonner faux une phrase dont les temps sont pourtant justes.

Faut-il toujours faire reculer les temps ?

Non. Si le verbe introducteur est au présent, rien ne bouge : dice que viene. Et même après un passé, on garde le présent quand la chose reste vraie : dijo que se llama Ana, puisqu’elle s’appelle toujours Ana. Le français fonctionne pareil.

Comment rapporter une question ?

Avec si pour une question fermée et avec le mot interrogatif pour le reste : preguntó si venía, preguntó qué quería. Le mot interrogatif garde son accent même sans points d’interrogation, et le sujet ne passe pas devant le verbe.

Quand dijo que prend-il le subjonctif ?

Uniquement quand les paroles rapportées étaient un ordre. Dijo que venía rapporte un constat et prend l’indicatif. Dijo que viniera rapporte l’ordre « viens ». Decir est le seul verbe qui fasse les deux, et c’est le mode qui les sépare.

Que devient le subjonctif au discours rapporté ?

Il recule d’un cran comme le reste : le subjonctif présent devient subjonctif imparfait. Quiero que vengas donne quería que vinieras, et espero que haya llegado donne esperaba que hubiera llegado.

Comment dit-on « il m’a dit ce qu’il voulait » ?

Me dijo lo que quería. Le « ce que » du français devient lo que, et il ne faut pas le confondre avec qué accentué de la question rapportée : me preguntó qué quería. L’un rapporte une chose, l’autre rapporte une question.

Ce qu’il faut retenir

La même règle chez Cervantès

De vraies lignes du cours, pas des exemples inventés. Chacune est la phrase par laquelle la leçon introduit le point.

Le livre d’où ça vient

Couverture de Don Quichotte en espagnol facile.

Don Quichotte en espagnol facile : le roman entier raconté dans un espagnol que tu peux vraiment lire, en 58 courts épisodes, les mots difficiles traduits en bas de la page. C’est de là que sort chaque phrase de Cervantès de cette page.

En EPUB et en PDF, avec un second roman dans le même espagnol. Voir les livres.

Où le cours l’enseigne

3 leçons le construisent petit à petit, chacune à l’intérieur d’un chapitre de l’histoire plutôt que dans l’abstrait. Libres à lire, avec le vocabulaire, l’audio et les exercices.

Juste à côté

Les points les plus proches de celui-ci, ceux qu’un élève rencontre à peu près en même temps.