Niveau A1 · Leçon 11
Un matin de juillet
Seul dans le campo de Montiel, sous une chaleur terrible, don Quichotte se pose des questions. Le cheval ne répond à aucune.

Ce que tu sauras faire
- Demander une information avec qué, quién, dónde, cómo, por qué et cuánto.
- Mettre les mots d’une question dans le bon ordre.
- S’exclamer avec ¡qué…! et appeler quelqu’un par son nom à l’intérieur de la phrase.
Avant de lire
Compte les questions du texte : il y en a sept, et aucune n’obtient de réponse. Regarde le premier mot de chacune : il porte un accent, et cet accent n’est pas un ornement.L’histoire en espagnol facile
Es una mañana de julio y hace un calor terrible.
C’est un matin de juillet et il fait une chaleur terrible.
Don Quijote camina solo por el campo de Montiel. ¿Dónde están los castillos? ¿Dónde están los gigantes?
Don Quichotte chemine seul dans le campo de Montiel. Où sont les châteaux ? Où sont les géants ?
El campo es seco y grande. No hay sombra. ¡Qué calor!
La plaine est sèche et vaste. Il n’y a pas d’ombre. Quelle chaleur !
El caballero habla con su caballo: «¿Cuántas horas caminamos hoy, Rocinante?».
Le chevalier parle à son cheval : « Combien d’heures marchons-nous aujourd’hui, Rossinante ? »
El caballo no contesta. ¿Por qué? Porque es un caballo.
Le cheval ne répond pas. Pourquoi ? Parce que c’est un cheval.
De pronto don Quijote tiene un problema. ¿Quién arma caballero a un caballero?
Tout à coup, don Quichotte a un problème. Qui arme chevalier un chevalier ?
Un caballero sin ceremonia no es un caballero de verdad. ¿Y cómo se hace la ceremonia?
Un chevalier sans cérémonie n’est pas un vrai chevalier. Et comment fait-on cette cérémonie ?
En sus libros la ceremonia es siempre en un castillo. ¿Qué busca entonces? Un castillo.
Dans ses livres, la cérémonie a toujours lieu dans un château. Que cherche-t-il, alors ? Un château.
«¡Qué aventura, amigo Rocinante!», dice. Y el caballo camina despacio hacia el sol.
« Quelle aventure, ami Rossinante ! », dit-il. Et le cheval marche lentement vers le soleil.
Vocabulaire
Demander
- ¿qué?
- que ? quoi ?
- ¿quién?
- qui ?
- ¿dónde?
- où ?
- ¿cómo?
- comment ?
- ¿por qué?
- pourquoi ?
- ¿cuánto?
- combien ?
- contestar
- répondre
La campagne en juillet
- la sombra
- l’ombre
- seco, seca
- sec, sèche
- el gigante
- le géant
- hacia
- vers
Les mots qui tiennent le récit
- de pronto
- tout à coup
- entonces
- alors, dans ce cas
- despacio
- lentement
- la ceremonia
- la cérémonie
Les mots interrogatifs
¿Dónde están los gigantes?
¿Quién arma caballero a un caballero?
¿Por qué? Porque es un caballo.
Six mots couvrent presque tout ce qu’on peut demander :
| mot | demande | exemple |
|---|---|---|
| qué : que, quoi | une chose | ¿Qué busca? |
| quién / quiénes : qui | une personne | ¿Quién arma caballero? |
| dónde : où | un lieu | ¿Dónde están los castillos? |
| cómo : comment | une manière | ¿Cómo se hace la ceremonia? |
| por qué : pourquoi | une raison | ¿Por qué no contesta? |
| cuánto / cuánta / cuántos / cuántas : combien | une quantité | ¿Cuántas horas caminamos? |
L’accent, c’est la question. Chacun de ces mots porte un accent écrit quand il interroge ou s’exclame. Sans accent, il change de métier : por qué demande, porque répond. Tu as la même paire, pourquoi et parce que, sauf que chez toi ce sont deux mots visiblement différents. En espagnol, tout tient à un trait et à une espace.
Le seul qui ne calque pas : cuánto. Ton combien ne bouge jamais. L’espagnol, lui, s’accorde avec ce qu’il compte : ¿Cuántas horas?, ¿Cuántos libros?, ¿Cuánta agua? C’est la seule chose de cette leçon qu’il faut apprendre par cœur.
L’ordre. Le mot interrogatif d’abord, puis le verbe, puis le sujet : ¿Dónde está el castillo?, jamais ¿Dónde el castillo está? C’est ton inversion, sans trait d’union et sans est-ce que : cette machinerie-là n’existe pas en espagnol, il n’y a qu’une seule façon de faire.
La préposition reste collée au mot interrogatif, exactement comme chez toi : ¿De qué habla?, ¿Con quién habla?, ¿Hacia dónde va? Le sujet, lui, disparaît très souvent, comme dans une phrase ordinaire.
S’exclamer avec qué. ¡Qué calor!, ¡Qué aventura! : ce sont tes Quelle chaleur ! et Quelle aventure !, sans article et sans accord, avec en prime un point d’exclamation à l’envers au début.
Appeler quelqu’un par son nom. Le nom de la personne, ou du cheval, à qui tu parles se met entre virgules : ¿Cuántas horas caminamos hoy, Rocinante? C’est le vocatif, il fonctionne comme le tien, et l’espagnol s’en sert beaucoup.
Le campo de Montiel et la chaleur
Le campo de Montiel est un plateau du sud de la Manche : des céréales, de la vigne, de la pierre et très peu d’arbres. En juillet, il passe les quarante degrés sans effort, et l’air tremble au-dessus du chemin jusqu’à ce que les choses lointaines cessent d’avoir une forme fixe.
La moitié de la plaisanterie du livre tient là-dedans. Don Quichotte porte un plastron de fer, une visière en carton et toute une matinée de soleil. Dans ces conditions, un moulin peut ressembler à un géant et une auberge à un château sans qu’il faille être tout à fait fou. Cervantes ne te laisse jamais décider quelle part de la folie vient des livres et quelle part vient de la chaleur : il place exprès la première sortie l’un des jours les plus chauds de l’année.
Cervantes dans le texte · «una mañana, antes del día…»
una mañana, antes del día, que era uno de los calurosos del mes de julio
one morning, before daybreak, on one of the hottest days of the month of July
C’est le début de la même phrase qu’à la leçon 10, ici toute seule. Cervantes écrit antes del día là où nous dirions muy temprano. La chaleur de juillet n’est pas un décor : elle explique la mauvaise humeur de tout le chapitre.