Niveau B2 · Leçon 90.5
Révision 16 : leçons 85 à 90
Le vocabulaire des leçons 85 à 90 qui ne revient plus, tout le B2 en deux tableaux et deux exercices. La dernière unité du cours.
Ce que tu sauras faire
- Vérifier, mot par mot, combien de vocabulaire des leçons 85 à 90 tu retiens vraiment.
- Donner un ordre ou un souhait avec que et un subjonctif, sans rien devant.
- Raconter le roman entier du début à la fin sans perdre le fil.
L’histoire en espagnol facile
Camino de Barcelona vieron pies y piernas colgando de las ramas de unos árboles.
Sur la route de Barcelone, ils virent des pieds et des jambes qui pendaient aux branches de quelques arbres.
Eran bandoleros ahorcados, más de cuarenta, dejados allí por la justicia del país.
C’étaient des bandits pendus, plus de quarante, laissés là par la justice du pays.
Cuarenta bandoleros vivos los rodearon con las escopetas listas y vaciaron las alforjas del rucio.
Quarante bandits vivants les entourèrent, le fusil prêt, et vidèrent les besaces de l’âne.
Su capitán, Roque Guinart, les contó que un agravio suyo le había pedido venganza.
Leur capitaine, Roque Guinart, leur raconta qu’une offense reçue lui avait demandé vengeance.
De aquella venganza salió otra, y las demás acabaron por eslabonarse hasta las ajenas.
De cette vengeance en sortit une autre, et les suivantes finirent par s’enchaîner jusqu’à celles des autres.
Repartió el botín por cabezas y contó con tanto cuidado que nadie pudo quejarse.
Il partagea le butin par tête et compta avec tant de soin que personne ne put se plaindre.
A unos peregrinos no les quitó nada y encima les dio diez escudos del montón.
À des pèlerins il ne prit rien et leur donna par-dessus le marché dix écus du tas.
Les dio además un salvoconducto escrito para las otras cuadrillas de aquellos montes.
Il leur donna en plus un sauf-conduit écrit pour les autres bandes de ces montagnes.
A un deslenguado le abrió la cabeza de un revés, y nadie volvió a hablar.
À une mauvaise langue il ouvrit la tête d’un revers, et plus personne ne parla.
Ya en Barcelona, don Quijote vio un letrero que anunciaba que allí se imprimían libros.
Une fois à Barcelone, don Quichotte vit une enseigne qui annonçait qu’on imprimait là des livres.
Unos tiraban de la prensa y otros corregían pliegos que ya estaban secos.
Les uns tiraient la presse et les autres corrigeaient des feuilles imprimées déjà sèches.
Los oficiales le explicaron qué había en cada cajón y cómo se enmendaba lo compuesto.
Les ouvriers lui expliquèrent ce qu’il y avait dans chaque casse et comment on corrigeait ce qui était composé.
Dijo que traducir era como mirar un tapiz flamenco por el revés, sin la lisura del derecho.
Il dit que traduire, c’était regarder une tapisserie flamande par l’envers, sans le lisse de l’endroit.
Preguntó al traductor si había vendido el privilegio y cuánto podía venir a ser el provecho.
Il demanda au traducteur s’il avait vendu le privilège et à combien pouvait revenir le profit.
Salió de la imprenta con muestras de despecho al ver allí la segunda parte falsa.
Il sortit de l’imprimerie avec des marques de dépit, en voyant là la fausse seconde partie.
Días después, en la playa, un retador de armas relucientes le puso las condiciones de un desafío.
Quelques jours plus tard, sur la plage, un provocateur aux armes reluisantes lui posa les conditions d’un défi.
Traía la visera calada y no quiso decir de dónde venía ni a quién servía.
Il gardait la visière baissée et ne voulut dire ni d’où il venait ni qui il servait.
Don Antonio Moreno fue el juez del campo, y los dos arremetieron sin trompetas ni ceremonia.
Don Antonio Moreno fut le juge du camp, et tous deux chargèrent sans trompettes ni cérémonie.
Derribado en la arena, dijo que su flaqueza no podía quitarle la verdad a Dulcinea.
Abattu sur le sable, il dit que sa faiblesse ne pouvait pas ôter à Dulcinée sa vérité.
Tuvo que resignarse a volver a casa y conformarse con no tocar las armas en un año.
Il dut se résigner à rentrer chez lui et se contenter de ne pas toucher aux armes pendant un an.
Por el camino se acordó de unos pastores fingidos que representaban églogas vestidos de zagales.
En chemin, il se souvint de bergers pour de faux qui jouaient des églogues vêtus en jeunes bergers.
Comprarían ovejas, dijo, y su hija Sanchica les llevaría la comida al hato.
Ils achèteraient des brebis, dit-il, et sa fille Sanchica leur porterait à manger au campement.
Comerían de las encinas, beberían de los arroyos y dormirían a la sombra de los sauces.
Ils mangeraient des chênes verts, boiraient aux ruisseaux et dormiraient à l’ombre des saules.
Habría gaitas y rabeles en aquellos montes, y Sancho se ofreció a labrar cucharas de palo.
Il y aurait des cornemuses et des rebecs dans ces montagnes, et Sancho s’offrit à tailler des cuillères en bois.
Seguía queriendo entrar en un libro, y lo único que hacía era mudar de estante.
Il voulait toujours entrer dans un livre, et tout ce qu’il faisait, c’était changer de rayon.
Aquella tarde los atropelló una piara de seiscientos cerdos que iba camino de la feria.
Cet après-midi-là, un troupeau de six cents porcs qui allait à la foire les piétina tous les deux.
En su pueblo le entró una calentura que lo tuvo seis días en la cama.
Dans son village, une fièvre le prit et le tint six jours au lit.
Al despertar conoció sus disparates y sintió que el desengaño le llegaba demasiado tarde.
À son réveil, il reconnut ses sottises et sentit que le désabusement lui venait trop tard.
Dejó por albaceas al cura y al bachiller, y mandó su hacienda a la sobrina.
Il laissa pour exécuteurs testamentaires le curé et le bachelier, et légua ses biens à sa nièce.
Que se pagara primero al ama su salario, dijo, y que nadie discutiera la cláusula.
Que la gouvernante soit payée de ses gages la première, dit-il, et que personne ne discute la clause.
Murió en su cama tan sosegadamente como ningún caballero andante había muerto nunca.
Il mourut dans son lit aussi paisiblement qu’aucun chevalier errant n’était jamais mort.
Todo había empezado con un hidalgo flaco y madrugador que leyó hasta secarse el cerebro.
Tout avait commencé avec un gentilhomme maigre et lève-tôt qui lut jusqu’à ce que son cerveau se dessèche.
Se armó con unas armas oxidadas y salió a deshacer agravios antes de amanecer.
Il s’arma d’armes rouillées et sortit réparer les offenses avant le lever du jour.
Confundió una bacía de barbero con el yelmo de Mambrino y soltó a una cuerda de galeotes.
Il confondit un plat à barbe de barbier avec le heaume de Mambrin et libéra une chaîne de galériens.
Le montaron una dueña con barbas y una ínsula de mentira, y allí su escudero supo juzgar con tino.
On lui monta une duègne à barbe et une île pour rire, et là son écuyer sut juger avec discernement.
Aquella burla tenía que torcerse, porque el gobernador falso dijo que había nacido para arar.
Cette plaisanterie devait tourner mal, parce que le faux gouverneur dit qu’il était né pour labourer.
Al final renegó de los libros que lo habían enloquecido y volvió a llamarse Alonso Quijano.
À la fin, il renia les livres qui l’avaient rendu fou et se remit à s’appeler Alonso Quijano.
Cervantes colgó su pluma de un alambre y mandó que nadie moviera a su caballero de la sepultura.
Cervantes pendit sa propre plume à un fil de fer et ordonna que personne ne bouge son chevalier de sa tombe.
Que nadie se lo lleve de allí, escribió, y que cada lector lo saque al campo cuando quiera.
Que personne ne l’emmène de là, écrivit-il, et que chaque lecteur le sorte dans la campagne quand il voudra.
Vocabulaire
La visite à l’imprimerie (leçon 85)
- el letrero
- l’enseigne
- la prensa
- la presse
- el pliego
- la feuille imprimée
- enmendar
- corriger, amender
- el cajón
- la casse, le casier des caractères
- el oficial
- l’ouvrier, le compagnon
- el privilegio
- le privilège, le droit d’imprimer
- el tapiz
- la tapisserie
- la lisura
- le lisse, l’uni
- el despecho
- le dépit
- venir a ser
- revenir à, équivaloir à peu près à
Roque Guinart (leçon 86)
- ahorcar
- pendre
- la rama
- la branche
- la escopeta
- l’escopette, le fusil
- las alforjas
- les besaces
- el botín
- le butin
- la venganza
- la vengeance
- eslabonarse
- s’enchaîner, se lier maillon à maillon
- el peregrino
- le pèlerin
- el salvoconducto
- le sauf-conduit
- deslenguado
- mauvaise langue, insolent
La défaite sur la plage (leçon 87)
- el retador
- le provocateur, celui qui lance le défi
- la visera
- la visière
- el desafío
- le défi
- arremeter
- charger, foncer
- la flaqueza
- la faiblesse
- el juez del campo
- le juge du camp
- resignarse
- se résigner
- conformarse con
- se contenter de
Le projet de se faire bergers (leçon 88)
- fingido
- feint, pour de faux
- el zagal
- le garçon, le jeune berger
- la oveja
- la brebis
- el hato
- le troupeau, le campement des bergers
- la encina
- le chêne vert
- el sauce
- le saule
- el arroyo
- le ruisseau
- la gaita
- la cornemuse
- el rabel
- le rebec, un petit violon
- la cuchara de palo
- la cuillère en bois
- la piara
- le troupeau de porcs
- atropellar
- renverser, piétiner
- mudar de estante
- changer de rayon
Le testament (leçon 89)
- la calentura
- la fièvre
- el disparate
- l’absurdité, la sottise
- el desengaño
- le désabusement, le fait de voir clair
- el albacea
- l’exécuteur testamentaire
- la hacienda
- les biens, la fortune
- el salario
- les gages
- la cláusula
- la clause
- sosegadamente
- paisiblement
La fin de l’histoire (leçon 90)
- el hidalgo
- le gentilhomme
- madrugador
- lève-tôt, matinal
- secarse el cerebro
- que le cerveau se dessèche
- oxidado
- rouillé
- deshacer agravios
- réparer les offenses
- la bacía
- le plat à barbe
- el yelmo
- le heaume
- el galeote
- le galérien
- la dueña
- la duègne, la dame de compagnie
- juzgar con tino
- juger avec discernement
- arar
- labourer
- renegar de
- renier
- el alambre
- le fil de fer
- la sepultura
- la tombe, la sépulture
- torcerse una burla
- qu’une plaisanterie tourne mal
Les leçons 85 à 90, et derrière elles tout le B2
Le vocabulaire d’abord : c’est la dernière liste du cours. Cache la colonne française et sois sévère.
| point | règle | dans le résumé ci-dessus |
|---|---|---|
| ce que veut dire un mot | significar, querer decir, venir a ser, qui est trait pour trait ton « revenir à » | cuánto podía venir a ser el provecho |
| cause | como devant, porque derrière, puesto que aux deux places : ce sont ton « comme », ton « parce que » et ton « puisque », aux mêmes endroits | porque el gobernador falso dijo que había nacido para arar |
| conséquence | de modo que, así que, de ahí que, et la dernière veut un subjonctif là où ton « de sorte que » de conséquence se contente de l’indicatif | contó con tanto cuidado que nadie pudo quejarse |
| se résigner | conformarse con, no haber más remedio, tener que, suivis d’un infinitif nu comme ton « se contenter de » | Tuvo que resignarse a volver a casa. |
| suffixes | -ito, -ón, -azo, -ísimo changent le ton et pas seulement la taille. C’est la seule ligne du tableau où ta langue ne t’aide pas du tout | leoncitos, cabrillas, espadazo |
| que + subjonctif, rien devant | un ordre, un souhait ou une clause de testament : c’est ton « qu’il soit payé le premier », mot pour mot | Que se pagara primero al ama su salario. |
Et derrière ces six lignes, tout le B2, c’est-à-dire quatre révisions.
| révision | leçons | ce qu’il faut garder |
|---|---|---|
| 13 | 67 à 73 | para que, aunque, le subjonctif imparfait, si tuviera, les ordres rapportés, deber de |
| 14 | 74 à 79 | registre de cour, parler simple et langue officielle, ironie, habría plus participe, enchaîner les raisons |
| 15 | 80 à 84 | si hubiera et habría, ojalá, como si, darse por, hay contre está contre es |
| 16 | 85 à 90 | le sens des mots, cause et conséquence, la résignation, les suffixes, que avec un subjonctif |
Le compte, maintenant que tout est là. Ce niveau t’a coûté bien moins qu’à un lecteur anglais, et pour trois raisons qui n’ont pas bougé d’une leçon à l’autre : tu as le genre, tu as la concordance, tu as le subjonctif. Là où un anglophone a passé le B1 et le B2 à apprendre un mode qui n’existe pas chez lui, tu n’as eu qu’à changer de déclencheurs. La facture, tu l’as payée ailleurs, et à deux guichets. Le premier est le passé simple : le tien dort dans les livres, l’espagnol raconte avec lui la soirée d’hier, et c’est ton passé composé qui doit apprendre à se taire. Le second est le subjonctif imparfait, pudiera, moviera, pagara, hubiera : ta langue les a mis sous vitrine, l’espagnol les emploie sans y penser, et ils font la moitié de ce que tu viens de lire.
Les conjugaisons complètes sont dans les tableaux de verbes à la fin du livre, et tous les mots du cours sont dans le glossaire.
C’est la dernière unité, alors voici ce qu’il faut emporter plutôt qu’un adieu de plus. Le cours a marché parce que chaque leçon te donnait un texte espagnol court avec la traduction à côté, une petite liste de mots et un point de grammaire. Tu sais maintenant fabriquer cette unité-là toi-même à partir de n’importe quel texte espagnol, et le livre que tu viens de finir est l’endroit évident pour commencer. Ouvre une vraie édition du roman au premier chapitre, lis une page avec une traduction à côté, note les dix mots que tu ne connaissais pas, et cherche le point de grammaire que cette page emploie sans arrêt. C’est une leçon. Fais-le une fois par semaine pendant un an et tu t’en seras écrit cinquante autres.